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Utilisées depuis longtemps
pour conférer aux viandes une aromatisation de surface et un visuel attractif, les marinades offrent aujourd’hui
de multiples possibilités en termes d’aromatisation et de visuel mais également de liaison et de mise en œuvre.
Leurs applications s’élargissent
ainsi aux légumes et aux plats cuisinés : tour d’horizon.
I – LES PRINCIPALES CATEGORIES
DE MARINADES :
On distingue principalement
2 catégories de marinades en fonction de leur mode d’utilisation : à
sec ou liquides.
A
sec,
l’action des marinades est limitée à la surface du produit sur lequel elles
sont appliquées mais remplissent tout de même plusieurs rôles :
- Aromatisation
- Rétention d’eau (exsudat des viandes)
- Fonction esthétique : aspect attrayant par la coloration et
l’apport des
marquants.
A noter qu’à côté des marinades à sec à proprement parler, il existe des
marinades de glaçage qui confèrent au produit un aspect brillant recherché
dans certaines applications.
Les marinades liquides permettent une aromatisation
à cœur des produits.
La phase liquide est constituée d’eau ou d’une émulsion eau / huile ;
la présence d’huile permet d’apporter une brillance.
Ainsi que le précise Christian
Herzog (SAVEUR), la présence d’huile confère également un moelleux à l’aliment qui peut
être très bénéfique pour des produits tels que les blancs de volaille.
Les fournisseurs proposent des poudres à réhydrater (la reconstitution se fait généralement par
3 à 4 parts d’eau pour une part de poudre), ou des formes liquides prêtes
à l’emploi.
Laurent
Cocquel
indique que RAPS propose des mélanges d’épices
qui se déposent à sec sur le produit déjà entouré d’huile mais RAPS commercialise également une forme prête à l’emploi
qui est de plus en plus prisée par les industriels.
Cet attrait pour les formes prêtes à l’emploi s’explique par :
- Un gain de
temps
- Une facilité
de mise en œuvre
- Une qualité constante surtout
dans le cas des émulsions qui nécessitent des conditions de mélange particulières.
Dans certains cas, les marinades
liquides vont avoir un effet sur la texture des produits, certaines de ces
marinades sont même capables de servir de base de sauce lors de la cuisson
finale.
Le schéma suivant résume les
principales distinctions entre marinades.

De plus, il est tout à fait
possible de combiner marinades liquides et à sec sur un même produit. Ceci
permet d’obtenir un aspect attrayant associé à une aromatisation à cœur.
Néanmoins, même en distinguant utilisation à sec et liquide,
il est difficile d’établir une classification précise des marinades, chaque
fournisseur déclinant une gamme spécifique.
Ainsi, Séverine Decoopman explique que NFI s’inspire du marché anglo-saxon pour classer
ses marinades de la façon suivante :
- Flavourglaze : marinade
à sec qui s’hydrate progressivement avec l’exsudat du produit lui donnant
ainsi un aspect brillant.

- Marinade : solution qui recouvre et pénètre le produit.
- Glaze : émulsion huile / eau qui recouvre le produit sans le pénétrer
constituant une couche de glaçage autour du produit.
Autre exemple, Griffith
laboratories décline sa gamme de marinades liquides par rapport au procédé de mise
en œuvre (marinades à injecter, à baratter,…).
II – LES INGREDIENTS DES
MARINADES :
Les marinades sont constituées d’une base aromatique à laquelle viennent
s’ajouter des ingrédients fonctionnels.
Aromatisation :
Les
fournisseurs de marinades proposent un éventail très large d’aromatisations
qui se décline principalement en aromatisations de terroir (provençale, chasseur,…)
et ethniques (tex-mex, aigre douce,…).
Visuel :
La couleur est également un élément clé d’une
marinade : elle doit être en accord avec l’aromatisation. Les couleurs
les plus courantes vont du jaune au rouge. La couleur souhaitée est obtenue
bien évidemment par l’utilisation de colorants (carotènes, caramel,…). Mais
le plus souvent possible, les fournisseurs privilégient les ingrédients (c’est
à dire sans étiquetage E), tels que la tomate, la carotte ou même les
sucres qui en caramélisant à la cuisson vont conférer au produit fini l’aspect
désiré.
Anne Fortin explique par exemple que pour
donner un aspect rôti/grillé à des produits cuits en vapeur ou sous vide,
Griffith a développé des marinades
qui peuvent être sous forme sèche ou liquide, avec ou sans texturants capables
d’absorber l’exsudat,…
Les matières grasses peuvent également être utilisées pour apporter un
aspect brillant.
En complément de la couleur,
on trouve des marquants qui sont souvent des épices ou des herbes aromatiques.
En effet, pour bien adhérer
à la surface des produits les marquants ne doivent pas être trop gros.
Néanmoins, dans le cas des marinades sauces, les viscosités peuvent être
telles que les marquants peuvent être de taille plus importante comme par
exemple des champignons, carottes,…
La
couleur et les marquants sont choisis en accord avec l’aromatisation.
Le
tableau suivant présente quelques exemples d’association.
|
Fournisseur / Désignation |
Note(s) aromatique(s) dominante(s) |
Couleur |
Marquant(s) |
|
Kerry produit Jaeger / Dijonnaise |
Poivré, oignon, moutarde |
Ocre |
Basilic, graines de moutarde |
|
Saveur / Chasseur |
Champignons, échalote, estragon, viande et cuisinées |
Beige |
Champignons, échalote, estragon |
|
Soussana /Paprika |
Paprika, herbes de Provence, légumes |
Rouge |
Persil, poivron rouge, oignons |
Liaison :
Les marinades sèches vont retenir l’exsudat
des produits tout au long de la durée de conservation grâce à l’utilisation
de rétenteurs d’eau comme les sucres.
Néanmoins, pour
limiter l’exsudation la présence de sel est déconseillée ou du moins il est
souhaitable d’utiliser du sel encapsulé. Laurent Cocqueel explique que RAPS utilise du sel enrobé d’une couche de gras qui
fond aux environs de 58°C : le sel ne fait effet qu’à la cuisson.
Ainsi,
la marinade en surface du produit va peu à peu s’hydrater et dans les cas
où le produit doit garder un aspect sec, un agent filmogène est ajouté à la
marinade et fait alors barrière entre le produit et la marinade.
Dans le cas des marinades liquides, on trouve
en plus des rétenteurs d’eau, des épaississants /stabilisants (amidon, guar,
xanthane,…) qui vont stabiliser l’émulsion si nécessaire, et améliorer les
rendements. Ce sont également ces composés qui vont permettre le démarrage
d’une sauce à la cuisson.
Conservation :
Différents antioxydants (ascorbates,
erythorbates par exemple) et/ou conservateurs (sels d’acides organiques tels
que : sorbates, lactates,…) peuvent être utilisés dans les marinades
en fonction de l’objectif de DLC du produit mariné..
Comme le précise Michel Chatal (SOFRAL) les deux dernières fonctions des marinades décrites ci-dessus (liaison,
conservation) prennent plus ou moins d’importance selon la température de
conservation, la durée de vie du produit mariné : les objectifs seront
différents pour un produit portionnable surgelé et un plat cuisiné frais.
Conformément à la réglementation,
les additifs contenus dans la marinade doivent être repris dans l’étiquetage
du produit fini.
III – MISE EN ŒUVRE :
Ä Formes sèches :
L’application des formes sèches
se fait la plupart du temps par saupoudrage avec le même matériel que pour
déposer la chapelure sur les produits panés.
En effet, pour être pané, le
produit passe d’abord sous un rideau de batter (liquide) puis sous un rideau
de chapelure (poudre). De la même manière le produit à mariner peut passer
sous un rideau d’huile puis sous un rideau de marinade à sec.
La dépose peut être faite éventuellement par malaxage ;
cette technique étant plus utilisée pour les marinades de glaçage qui sont
appliquées en fin de cycle.
Les doses d’emploi des marinades sèches vont généralement
de 20 à 50 g / kg. La durée de conservation varie de 1 à 2 ans à l’abri du
l’humidité.
Ä Formes liquides :
La mise en œuvre des formes
liquides dépend du matériel dont dispose l’utilisateur, du produit et de l’objectif
visé :
-
La marinade peut être utilisée en saumurage, c’est à dire que le produit reste
immergé dans la marinade plusieurs
heures.
Ceci ne nécessite pas de matériel
spécifique. Mais, avec une telle technique,
les rendements sont bien entendu faibles et les temps de contact longs.
Par contre, il est possible
de mettre marinade et produit à mariner en sachet sous vide ce qui permet
de réaliser un enrobage autour du produit qui pourra par exemple servir de
base à l’élaboration d’une sauce lors de la mise en œuvre finale.
-
La marinade peut également être injectée dans le produit, ce qui a l’avantage
d’être extrêmement rapide mais ne permet pas l’application de marquants en
surface.
Cette technique peu courante est en fait surtout utilisée
pour de grosses pièces.
-
Dans la plupart des cas, les industriels préfèrent le barattage (si possible
sous vide) : en effet, même si cette technique nécessite un équipement
adapté, elle permet d’obtenir de bons rendements et des produits ayant à la
fois une aromatisation homogène dans la masse et éventuellement des marquants
en surface.
Mais, cette technique n’est
pas applicable à tous les produits.
-
Enfin, en l’absence d’os, les produits peuvent être marinés dans des pétrins.
Les
doses d’emploi varient de 100 à 300 g/ kg essentiellement en fonction du rôle
de la marinade : les marinades devant donner des sauces nécessitent un
dosage plus important que les marinades devant uniquement aromatiser le produit
à coeur.
Les conditions de conservation
des marinades prêtes à l'emploi sont généralement de quelques mois au frais
et les conditionnements sont souvent réalisés en seaux de quelques kilos.
A noter, que Raps propose des conditionnements
de certaines marinades en boyaux de 800 g.
IV – LES FOURNISSEURS : (liste non exhaustive).
Fournisseurs
|
Coordonnées |
Contact |
|
Best Food France (Anciennement C.P.C) |
5-7, Rue de la Renescence 92
187 ANTONY Cedex Tél :
01-56-45-52-52 - Fax : 01-56-45-54-15 |
Mr
Chanliau |
|
EPICEA
|
Za de la Brayelle – 179, Chemin du Champ de Tir 59
553 CUINCY Tél :
03-27-87-61-29 Fax :
03-27-87-21-85 |
Mr
Segond |
|
Griffith
|
5-7 Rue Salamon de Rothschild 92 156 SURESNES Cédex Tél : 01-40-99-26-26 Fax : 01-42-04-00-10 |
Mme Anne Fortin |
|
KERRY PRODUITS JAEGER |
6, Rue Robert Moinon 95 190 GOUSSAINVILLE Tél : 01-34-38-87-87 Fax : 01-39-92-92-71 |
Mme Catherine FONTAGNIER |
|
RAPS Epices |
160, Bis Rue de Paris 92 100 BOULOGNE Tél : 01-47-12-90-05 Fax : 01-46-03-57-84 |
Mr
Laurent Cocqueel |
|
SAVEUR |
ZI du Pommeret 35 310 BREAL SOUS MONTFORT Tél : 02-99-60-07-60 Fax :
02-99-60-08-42 |
Mr
Christian Herzog Mr
Denjean |
|
SOFRAL |
30, Rue Joseph Marie Jacquard – ZI Sud 67 400 ILLKIRCH Tél : 03-88-55-17-30
Fax : 03-88-55-17-31 |
Mr Michel Chatal |
|
SOUSSANA |
13, Rue des Alouettes 94 320 THIAIS Tél : 01-49-78-58-00 Fax : 01-49-78-58-88 |
Mr
Monge |
V – CONCLUSION :
Ce dossier montre bien que
l’offre en matière de marinades est très large.
Ceci
permet aux utilisateurs d’envisager de nombreux développements mais en même
temps, il est nécessaire de définir un cahier des charges précis de l’application
.
Un tel cahier des charges pourrait
être constitué selon le schéma suivant :

VI – REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES :
* ‘’Marinades et sauces : des
saveurs et des couleurs’’
Sylvie Richard – RIA – 586
(Décembre 1998), p34-37
* ‘’Sauces et marinades : les
clés du goût culinaire’’
Christine Leroy – RIA – 575
– (Décembre 1997), p40-43
* Griffith Laboratories : documentation
commerciale
* Kerry produits Jaeger : documentation
commerciale
* N.F.I : documentation technique
* RAPS : documentation commerciale,
entretien
* SAVEUR : documentation
technique
* SOFRAL : entretien
* SOUSANA : documentation
technique.
Il existe peu d’articles traitant des marinades, nous nous sommes donc essentiellement appuyés sur les informations fournies par les entreprises citées ci-dessus que nous tenons à remercier.